La France considère désormais Gisèle Pelicot comme une héroïne – mais les vieux mythes sur le viol sont plus difficiles à changer | Rokhaya Diallo

Rokhaya Diallo - TheGuardian - 11/10
Sa « dignité » a conquis la nation, mais la manière dont nous envisageons la violence masculine ne doit pas dépendre d'une « victime parfaite », déclare Rokhaya Diallo, chroniqueuse au Guardian Europe.

Depuis début septembre, le visage d'une femme d'un petit village du sud de la France fait la une des journaux du monde entier. Gisèle Pelicot est la figure centrale d'un procès dont le principal accusé est son ex-mari Dominique Pelicot. Il a admis que pendant près d'une décennie, il l'avait droguée et invité d'autres hommes à la maltraiter également, dans son propre lit, à son insu, afin de pouvoir les filmer en train de le faire. Cinquante autres hommes sont jugés aux côtés de Pélicot, accusé de viol, ce que nombre d'entre eux nient.

Face à l'ampleur des atrocités qu'elle aurait endurées, Gisèle Pelicot fait figure d'atypique en assistant au procès. La tête haute, dans une tenue soignée et raffinée, elle entre dans le palais de justice d'Avignon, symbole vivant de ce qu'elle appelle le « déplacement de la honte » des victimes d'agressions sexuelles vers les agresseurs.

L'anonymat est un droit ancien en France, comme dans de nombreux autres pays, destiné à protéger les victimes d'une nouvelle dégradation au cours de l'épreuve judiciaire qui suit généralement une plainte pour viol. Mais Gisèle Pelicot, une femme qui n'a aucune expérience de la scène publique, a décidé qu'elle n'avait pas à avoir honte et affrontait volontiers les caméras. Non seulement elle a renoncé à son anonymat, mais elle a fait appel avec succès d'une décision autorisant uniquement les avocats et le jury à voir les vidéos r...
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